L’art de tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de l’ouvrir…

On sous-estime souvent la portée des mots que l’on écrit. Surtout lorsque ceux-ci sont écrits sous le coup d’une émotion.

Je veux dire que lorsqu’on écrit un article de blog technique, l’émotion est rarement au rendez-vous. On relate des faits, des procédures, des techniques. On arrange nos mots pour être compris, on publie et basta.

La partie “interprétation” est quasi inexistante puisqu’il s’agit de notions précises et concrètes.

Par contre, quand on écrit un article de blog, ou un mail ou même un message qui relate un avis, une opinion ou une réaction sur quelque chose, alors là, les émotions sont aux premières loges.

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C’est le cas des “coups de gueule”, ces billets d’opinions rédigés sous l’emprise du désarroi ou de la colère…

Ou encore des messages de réaction à une phrase, un mot, voire carrément un texte entier, qu’on a écrit et que vous avez lu, ou qu’on vous a communiqué verbalement, et qui a provoqué chez vous l’une de ces 6 émotions de base :

  • peur,
  • tristesse,
  • colère,
  • dégout,
  • surprise,
  • joie.

Dans ces cas-là, lorsque vous écrivez une “réponse”, alors dites-vous bien que le premier jet de ce que vous écrivez, ce n’est pas vraiment vous qui écrivez.

Ce sont vos émotions.

Le souci, quand on laisse nos émotions s’exprimer, c’est que sur le moment, tout vous semble logique, clair et pertinent.

En vous relisant, il se peut même que vous éprouviez une certaine fierté à la lecture de ce que vous avez écrit.

Parce qu’en général, vous vous relisez tout de suite après avoir écrit. Et tout vous semble parfaitement conforme à ce que vous vouliez dire.

Oui mais voilà…

Vos lecteurs ne sont pas vous…

Vos lecteurs, eux, ne sont pas du tout dans les mêmes dispositions que vous au moment où ils vont lire ce que vous avez écrit.

Parce qu’ils ne sont pas dans votre tête. Et ils n’ont pas forcément lu ou entendu la même chose que vous, et même s’ils l’ont fait, ils ne l’ont pas forcément ressenti de la même manière.

Ce qui fait qu’en fonction du style d’émotion qui a parlé à votre place, l’impact de ce que vous allez écrire va être totalement différent de ce que vous ressentez vous.

Et parfois, ça va être tellement différent, tellement personnel et tellement en décalage avec ce que pense la personne qui va le lire, que vous risquez alors d’assister à de micros-drames que vous n’aviez franchement pas prévu.

Et dans la plupart des cas, vous allez regretter ce qui va se passer par la suite. 

Parce qu’il se peut alors que la personne qui va lire votre texte ait une réaction instinctive, et éprouve alors le besoin de vous répondre elle aussi sur le coup de l’émotion que votre texte a créé en elle.

Provoquant chez vous encore plus de désarroi qu’au départ.

Et au final, personne n’est satisfait.

Décalez et prévoyez…

Bref… Si cela vous arrive un jour, alors vous comprendrez de quoi je parle.

Et vous suivrez alors l’un des meilleurs conseils que vous pourrez recevoir à ce propos :

Décalez la publication ou l’envoi de votre texte de quelques heures voire de quelques jours.

Le temps pour vous de revenir à un état émotionnel “normal”.

Ainsi, vous pourrez relire votre texte calmement, à tête reposée et sans toute la partie émotionnelle démesurée qui fout le bazar.

Mais ce n’est pas tout ce que cette action de décalage va permettre…

Les anciens disaient : “Tourne 7 fois ta langue dans ta bouche avant de parler”.

C’est pareil ici.

En décalant la publication ou l’envoi de votre mail ou de votre message, vous prenez également le temps de réfléchir aux conséquences de ce que vous écrivez.

Parce que, comme je vous le dis fréquemment, vos mots ont un pouvoir.

Et plus vous écrivez, mieux vous écrivez, et plus le pouvoir de vos mots est grand.

Il est donc plus que salutaire d’essayer d’envisager les différentes réactions que vos mots vont provoquer.

Et c’est impossible de le faire sur le champ. Juste après les avoir écrits.

Il faut en effet laisser le temps à votre cerveau d’emmagasiner les informations de ce que vous avez écrit afin que celui-ci les analyse et les digère.

Ce sera l’une des meilleures décisions que vous prendrez.

Parce que lorsque vous relirez votre texte le lendemain, alors vous serez presque comme un lecteur “lambda”. Et vous saurez pratiquement sans vous tromper ce que votre texte va provoquer chez celui ou celle qui va le lire.

Et vous vous épargnerez bien des regrets !

Donc pensez-y si vous tenez un blog, ou même si vous faites des pages de vente.

En fonction de votre humeur du moment, le rendu ne sera pas du tout pareil !

Et vous seriez surpris de voir combien les ventes peuvent varier en fonction de l’état d’esprit dans lequel vous étiez quand vous avez écrit votre lettre !

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  1. Bon, je te répondrai demain (lol)

    Il paraît qu’il ne faut jamais écrire un mail en majuscules : cela équivaut à crier sur son interlocuteur!

    Belle journée!

  2. Bonjour Yvon,

    J’aime ton article de ce jour. Sans doute parce qu’il rejoint ce que je connais bien « l’analyse » faite dans l’émotion en DP

    Je suis d’accord pour dire que cela ne devrait pas être appliqué à des articles de blogs, même si ceux-ci traitent justement du DP

    Par contre, il peut être utile de temps en temps de jouer justement avec l’émotion qui nous habite. Cela nous rend un peu plus humain aux yeux de nos lecteurs.

    Autre chose, ce que nous écrivons, le lecteur le reçoit dans son propre état émotionnel et parfois sa réaction va être décuplé car il va se sentir visé, touché, en plein dans la cible … alors que nous étions à 100’000 lieux de vouloir créer cette situation.

    Je pourrais en donner plusieurs témoignages. Et je pense que chacun/e pourrait en faire autant.

    Il y donc 2 paramètres à prendre en compte : Ce que j’écris, pourquoi je l’écris et qu’est-ce que je veux dire ? Ce que lit le lecteur, pourquoi le lit-il et qu’est-ce qu’il va comprendre ?

    Et puis il y a le piège de vouloir écrire trop vite, juste parce que cela fait 3 jours que je n’ai rien écrit et que mon taux va baisser et là, je ne regarde pas toujours l’état intérieur dans lequel je peux me trouver. Si je traverse une zone de turbulence, automatiquement cela va se ressentir dans mon texte. Même si je tente d’y mettre de l’humour.

    Bonne journée à toi

  3. Je suis entièrement d’accord avec cet article, d’ailleurs je ne publie jamais un article immédiatement l’avoir écrit. Et c’est pareil lorsque je rédige des guides pratiques ou autres : je fais une première correction immédiatement après, et ensuite je laisse tout cela de côté quelques jours… Ca permet de voir des fautes oubliées, des tournures de phrases un peu légères ou encore de se rendre compte que finalement notre texte n’était pas si clair que cela !

  4. BK

    Salut Yvon,

    Pour éviter les émotions intempestives et leur préférer les émotions festives, pourquoi ne pas s’installer dans le 2ème degré ?

    Un bon 2ème degré bourré à craquer d’un humour par ailleurs révélateur des illusions qui hantent généralement le 1er degré !

    Quant à décaler la parution d’un texte afin de le relire… ça, comme nous le rappelle si justement Stéphane, ça doit être le premier réflexe de l’écrivain, en toutes circonstances.

    Émotion ou pas !

    Bonne journée

    Bernard

  5. C’est également vrai avant d’écrire un commentaire ou d’intervenir sur un forum.
    Sous l’emprise d’une émotion. Il vaut mieux s’éloigner de son clavier quelque temps, c’est mieux pour tout le monde :super:

    Par contre, tu inclus la joie également parmi ses émotions.
    Je suis d’accord pour dire que notre jugement est un peu altéré et la personne qui écrit est un peu différente.
    Mais quel risque y a t-il à écrire sous l’emprise de la joie ?

    Justement, c’est une bonne façon de communiquer sa joie à ses lecteurs.
    C’est un peu comme un article récent de Cédric: il faut provoquer des expressions positives chez le lecteur :)
    Puis, on devrait toujours être joyeux

  6. Bonjour Yvon

    Je fais également partie de ces gens qui ont besoin d’un délai entre la rédaction et la publication d’un article. parfois ça m’énerve car lorsque je relis un article que j’ai laissé ‘reposer’ un jour, j’y trouve plein de choses dont je ne suis pas satisfait…

  7. Hello Yvon,

    Bien vu.
    Je le fais déjà intuitivement lorsque j’ai un peu d’avance dans l’écriture de mes articles (pas toujours le cas !!) mais c’est quelque chose à prendre en compte.

    Le must étant d’écrire quand on a la patate ou la banane :D
    Généralement, je le sens directement. Si le moral n’est pas au top, j’ai du mal à trouver les mots et les idées.

    Et comme le dit Madeleine, attention aux informations qui peuvent réveiller des émotions 100 fois supérieures chez le lecteur à celle que l’on a voulu faire passer initialement.

    Dorian

  8. Bonsoir Yvon,
    9 raisons de ne pas se comprendre à souligner Lavoisier. Perso, en ce qui concerne l’émotion, si je suis en rogne contre quelqu’un et que cette colère n’a pas été exprimé, elle reste même des mois. Alors je préfère l’exprimer aussi justement que possible, et c’est terminé… Je te vois venir… pas forcément pour la relation. Mais cela, c’est en chair et en os, par mail ou blog, je te rejoins. Je vis surtout ce que tu exposes quand j’écris un article. J’ai un premier jet, il me paraît clair et quand je le relis deux jours plus tard, je change souvent une bonne partie. Alors, je les laisse mûrir, mijoter, sous un feu doux et tranquille après des coulées d’encre tumultueuse. Pour moi l’idéal serait que l’émotion soit aligner à la raison, l’une ne devrait pas prendre le pas sur l’autre, nous sommes des êtres avec une raison et un émotionnel. Les deux ne sont pas régit par les mêmes lois. L’un n’est pas mieux que l’autre, car il ne sert pas à la même chose.
    Bien à toi. Didier

  9. Bonjour Yvon,
    Merci pour ce billet très intéressant. J’utilisais depuis un moment cette technique sans rendre compte qu’il s’agit vraiment d’une technique. Quand j’ai vu que tu as consacré tout un article pour ça, j’ai dit waw, tu es un sacré génie Elmokhtar ;).

    En fait, moi je compare cela à l’adaptation aux odeurs : Quand on rentre dans une parfumerie on peut sentir fortement les parfums qui s’y trouvent, mais au bout de quelques minutes on s’habitue et on ne sent plus rien. Mais si on fait un petit tour et on y revient on ressent les parfums à nouveau, c’est un peu la meme chose.

    Il faut noter aussi, qu’on peut utiliser cette technique aussi pour les fautes d’orthographe et de grammaire:quand on relit notre article aprés quelques heures de sa rédaction on y trouve plein de fautes quand a pas fait attention au début.
    Elmokhtar

  10. Conseil fort judicieux. Mettre de l’huile n’a jamais aidé à l’éteindre …

    En général, je laisse filer un peu, je prend le temps d’écrire la réponse, je relis, je reste factuel.

    Après, chacun peut avoir ses propres avis et ressentis. Mais une réaction très négative dessert surtout celui qui l’a eu !

  11. Dans le genre « je démarre au quart de tour », j’en ai fait des belles! J’ai même remarqué que je suis beaucoup encore plus franche _voire sans pitié_ et caractérielle le matin.

    Du coup, je ne fais rien que je pourrais regretter le matin, et gare à celui qui sonne à ma porte ! (un petit coucou à ma voisine du dessous qui est venue _pour la toute dernière fois_ me casser les pieds un matin: « j’ai été réveillé par un bruit de tiroir à 3 heures du matin »)

    Pour les articles du blog, j’essaie le plus possible de les écrire en avance (pour éviter d’éventuel regret) mais ce n’est pas toujours possible!

    Amicalement, bonne vadrouille Yvon :)

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Créé et géré avec par Yvon CAVELIER