Il faudra être fort…

Dimanche dernier, j’ai assisté à un concours de pétanque juste en face de chez moi.

Je ne sais pas si vous connaissez cette discipline, mais c’est généralement le théâtre de bon nombre de clichés sur les comportements humains. Entre les insultes, les jurons, les explosions de déception, la colère, la moralisation, l’auto-sabotage et les démonstrations exacerbées de joie… c’est une expérience qui vaut la peine d’être vécue, ne serait-ce que pour voir ça…

Je suis resté là bas 30 minutes, le temps de suivre une partie… Ce que j’y ai trouvé m’a donné l’idée de faire cet article, qui ne traitera pas de copywriting, mais d’état d’esprit.

Ca peut sembler assez éloigné comme concept, et pourtant, quand on pratique le copywriting pour vivre, soit de la vente de ses produits ou de ses services soit de la vente des produits des autres, l’état d’esprit dans lequel on est lorsqu’on travaille est primordial à plein d’égards.

Mais revenons à notre partie de boules.

La partie…

Dans le coin gauche, une équipe de 3 jeunes (pas plus de 30 ans). Visiblement intéressés pour gagner. Ils s’encouragent mutuellement :

« Vas-y gros, tu me la mets bien celle là ! »
« Allez tu me la dégommes, gros… je compte sur toi ! »
« Fais plaisir, gros… fais plaisir… »

C’est ce que j’ai entendu tout le long de la partie (au moins 50 fois).

Dans le coin droit, 1 jeune et 2 filles. Visiblement, ils s’amusent ces 3 là… Mais ils ne parlent pas vraiment. Ils sont concentrés. Efficaces aussi. Et ils se marrent souvent. Se congratulent tout le temps…

Mes préférés, sans aucun doute !

Le score : 12 à 10.

12 pour les 3 mecs… Il sont à un point de la victoire… et ils stressent…

Lors du dernier coup, les « fais plaisir » ont fusé en masse, mais rien n’y a fait. Une des deux filles a posé une boule à 4 cm du bouchon, et pas un seul des 3 mecs n’a réussi à faire mieux…

Il reste donc 2 boules à l’équipe mixte, et ils ont un point sur le tapis. Il ne reste plus que le seul gars de cette équipe qui doit envoyer ses deux dernières boules pour arriver à 13 (oui une partie de pétanque se gagne en 13 points).

Le gars lance sa première boule. Paf ! Elle vient se coller à la boule de sa coéquipière. 2 points. Il y a 12-12.

Il lance sa dernière boule… Elle s’envole… décrit un arc de cercle parfait, et… elle tombe trop loin pour faire un 3ème point…

12 à 12…

Et là… il s’est passé un truc tragique…

Un vieux mec, posé sur une espèce de chaise de camping, a commencé à dire au gars qui venait de louper son dernier point : « Mais pourquoi tu l’as lancée comme ça ? Il suffisait juste de la faire glisser et c’était bon…« . « T’es vraiment pas bon, hein… » « Tu vas faire perdre les filles c’est malin…« .

Et ça a continué comme ça pendant tout le dernier point.

Vous devinez la suite ? L’équipe mixte a manqué toutes ses boules, et un dernier « Fais plaisir » est venu ponctuer la gagne de cette partie pour les 3 gars.

Vous n’êtes pas tout seul…

Il est incroyable de constater à quel point une mauvaise critique a le pouvoir de faire disparaître en quelques secondes toutes les bonnes choses que vous avez faites avant et de vous rendre stressé et moins performant si vous n’êtes pas préparé.

Cette expérience m’a fait penser à mon métier, et m’a fait prendre conscience que moi aussi, avant, j’étais comme ce pauvre gars qui s’est laissé déstabiliser par les paroles ce vieil idiot.

Oui ! Ca fait plus de 20 ans que je vends des trucs sur Internet. J’ai commencé en 1996. Et des gens comme ce vieux rabat-joie posé sur sa chaise de camping, j’en ai rencontré des tas. Même dans ma propre famille.

Avec des mots rudes, et une absence totale de confiance en ce que je pouvais faire. A pointer du doigt les erreurs, en minimisant tout ce que j’ai pu faire de bien avant. Des phrases assassines, des regards entendus, des moqueries, des rires…

On en parle rarement dans les formations pour vendre, mais quand on bosse pour soi, ce sont généralement les personnes qui nous entourent qui causent le plus de mal. Des fois, ce sont même les clients qui s’y mettent… Ou ceux qui ne vous connaissent pas et qui se sentent soudain investis d’une mission et qui vous expliquent la vie.

Bref…

Si vous vous lancez dans ce métier, il vous faudra être fort. Il vous faudra trouver des moyens de ne plus être atteint par les critiques et par les phrases qu’on vous adressera pour vous encourager à abandonner.

Car plus vous vous approcherez du succès, plus vous en aurez. Et pas forcément par les personnes que vous pensez.

Quand on bosse pour soi, on est sans cesse pétri de doutes et de peurs qui nous rendent vulnérable. « Est-ce que ça va marcher ? » « Est-ce que je suis légitime pour faire ça ? » « Est-ce que les gens vont aimer ? ».

Ca vient avec notre prise de responsabilités de l’échec ou du succès, et tout ça, c’est lié à notre état d’esprit.

Une critique ou une phrase bien sentie, et ça vient frapper directement là où ça fait déjà un peu mal. Et croyez-moi, ça peut retarder l’achèvement d’un projet de plusieurs mois si c’est mal géré.

Armez-vous !

Il faut donc que vous vous armiez contre ça.

Préparez un plan d’action précis de ce que vous allez faire la prochaine fois que ça va arriver.

Car si vous ne savez pas comment gérer ça, vous allez trembler, et ça vous mettra dans un état qui vous rendra incapable de faire quoi que ce soit de constructif.

En ce qui me concerne, aujourd’hui je suis armé contre ce genre de critique car j’ai appris à relativiser tout ça… Mais comme je le disais, ça fait plus de 20 ans que je fais ça…

Lorsque j’ai débuté, et jusqu’à 10 ans en arrière, c’était chaud.

J’ai donc décidé à une époque, de récolter et de rassembler tous les commentaires et témoignages positifs que j’avais reçus sur moi ou sur mon travail. Et je les ai collés dans un gros fichier que je consulte à l’occasion. Ca me donne un petit shoote de bienveillance et de réassurance salutaire… et je retrouve bien vite mon état d’esprit conquérant.

Vous pourriez commencer par ça…

Cherchez sur Facebook ou sur votre blog ou dans vos mails, toutes les manifestations positives à votre endroit ou sur votre travail. Et rassemblez-les dans un fichier sur votre ordinateur, que vous pourrez consulter à l’envi.

Et la prochaine fois qu’un idiot vous déstabilise avec des propos rudes, prenez une bouffée d’impression positive. Ca peut vous faire gagner bien des heures et des jours à vous morfondre et à vous dévaloriser.

 

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Au cas où vous auriez des scrupules à augmenter vos prix…

  1. Excellent Yvon !
    très bon article, très réaliste.
    J’ajouterai une petite chose que j’ai constaté. Pour moi le pire ennemi dans le genre déstabilisation, c’est moi !
    Le penchant pour l’auto-dévalorisation est d’autant plus fort qu’il a été construit dans l’enfance à partir de nos relations précoces essentiellement parentales et affectives. Ce sont les séquelles de ce formatage qu’il me faut nettoyer.
    Merci pour cet article
    Alain

    • Bonjour,
      Ça fait plaisir de lire que quelqu’un comme vous à cette conscience affutée.
      Je vous souhaite un bon nettoyage ! Et en profondeur.

      Salutation

  2. Nadine Bonhivers

    Bonjour,

    Alors là, trop fort !! Juste ce qu’il ma fallait aujourd’hui pour me booster !! Car j’en suis à la création de mon site et blog, et je n’arrive pas à avancer, peur de mal faire, peur de ne pas y arriver carrément, peur de déplaire… Bref une belle partie de pétanque !
    Et pourtant je suis du sud et je connais bien les concours de boules, toujours de sacrés morceaux de vie !!

    Donc là, je vais récupérer tous les bons conseils et tracer ma route, d’autant que le but de mon site est d’ aider les autres à « Réussir à l’oral », en retrouvant la confiance en soi, tout en faisant le point sur les compétences personnelles ;) !

    Merci encore

    Nadine

    • Yvon

      Bonjour Nadine,

      Tu as raison : trace ta route !! On a tous des hauts et des bas… Ca fait partie du jeu…
      Faut avancer super vite quand c’est le moment du haut, et revenir à ses importants quand c’est bas…
      Dans les deux cas, rien n’est grave !

      Bon courage !

    • Bonne résolution Nadine
      Le succès est au delà des obstacles et des efforts. Il faut en effet tenir le coup car un site web ou un blog ne décolle que dans la deuxième ou la troisième année. En tout cas pas sérieusement avant six mois qui correspond à la période de fondation au cours de la quelle un travail assidu et acharné doit être abbattu sur les fondations de ton entreprise. Bon vent à toi et bon succès.

      • Nadine Bonhivers

        Merci Andrew

        Heureusement, j’ai toujours mon activité formateur / Coach !

        Nadine

        • Le coaching est souvent mieux rémunéré à l’invité près que l’unité d’un produit numérique sur le marché. Tiens bon et qui sait si je n’aurais pas recours à toi un de ces matins. Vu TV

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