Entre l’Ego et les ventes, il faut choisir :)

Ça fait 15 ans que je suis éditeur, et à ce titre, j’ai eu à évaluer un certain nombre de livres. Autant pour les vendre que pour donner un avis éclairé sur ses chances de succès.

Bon… Il ne faut pas croire non plus qu’on peut évaluer avec certitude si un livre aura ou pas du succès – ça dépend de plein de facteurs – par contre, il est certains cas où on peut savoir avec la plus stricte certitude que ça sera un gros fiasco.

Et même si la réponse plait rarement, je préfère dire que ça va être compliqué sans une solide stratégie et une belle grosse communauté derrière. Surtout si le sujet du livre est très ciblé.

En effet, il y a une grande différence entre PARLER d’un livre et VENDRE un livre.

En tant qu’éditeur, le but est d’évaluer si le livre en question va être en adéquation avec le public qui nous suit.

Je suis un éditeur spécialisé dans le pratique (copywriting et marketing) et dans le jeu, et j’ai donc un public qui réagit bien à ces deux thèmes. Séparément évidemment. J’ai un public « marketing » et un public « jeu ».

Quand on travaille sur Internet depuis aussi longtemps que moi (plus de 20 ans déjà), cette notion de « public ciblé » est bien claire dans l’esprit.

On ne peut pas vendre une méthode pour gagner aux courses de chevaux à une personne qui est passionnée de cuisine ou de tricot. Il existe certainement 1 ou 2% des passionnées de cuisine et de tricot qui aiment aussi jouer aux courses, mais peu de personnes ont les moyens de dépenser de l’argent pour essayer de convaincre 98% de leur cible qu’ils devraient aimer les courses…

Ainsi, quand vous écrivez un livre, le premier travail de l’éditeur, au-delà de ce qu’il y a DANS le livre (l’histoire, les infos, le style, la cohérence, le nombre de mots, etc.), c’est de savoir si le thème traité va correspondre à son public.

Si ce n’est pas le cas, alors la réponse est très rapide : non merci, je ne pourrai pas le vendre.

Dans ce genre de cas, certains poursuivent leur recherche, d’autres décident de s’auto-éditer. Ce qui reste une bonne idée, globalement.

 

Quand on n’est pas préparé à faire la promo d’un livre, quand on a zéro communauté, ou même quand on est suivi par une quarantaine de personnes, alors les chances de vendre ce livre sont… bref… compliqué !

Une fois qu’on sait ce qu’il en est, plusieurs actions sont possibles :

Rester dans l’ego

On peut s’accrocher à l’idée que son livre est bon. Qu’on « y croit ». Qu’on y met beaucoup d’espoir.

Que ce qu’on raconte est pertinent et peut intéresser des millions de personnes.

Et qu’advienne que pourra, même s’il faudra y passer des jours et des nuits, on arrivera à le vendre.

Oui… mais non :)

Faire une vraie recherche d’éditeur

En fonction de ce dont vous traitez, vous avez des éditeurs qui sont ultra spécialisés, et qui recherchent ardemment de bons manuscrits.

Encore faut il en contacter un maximum, et ne pas baisser les bras au bout du 10ème NON.

Il faut se rappeler que JK Rowling (l’auteur d’Harry Potter), avant de connaître le succès planétaire qu’on lui connait aujourd’hui, a essuyé 12 refus avant de se voir acceptée par Bloomsbury. Et au début, les droits d’auteurs étaient microscopiques…

Il faut s’accrocher. Envoyer son manuscrit à des dizaines d’éditeurs. Et recommencer jusqu’à ce qu’il soit accepté.

Accepter les modifications

On croit – naïvement – qu’une fois qu’un éditeur a accepté de publier votre livre, il va vous prendre votre manuscrit et le publier tel quel.

Mais non. Il va y avoir des corrections, des adaptations. La manière dont vous écrivez va devoir d’adapter au style du public de l’éditeur.

Donc il faudra rajouter, modifier, supprimer, élaguer, éclaircir, rajouter des clés, des chapitres… Corriger les tournures, l’orthographe, les temps. Vérifier la cohérence des propos, la chronologie, etc.

Bref, quand on écrit un livre, la fin du premier jet n’est que le début.

Il faut ensuite relire, bien sûr, et accepter la critique constructive si on veut passer par un éditeur : il va prendre un risque financier assez gros en vous publiant, c’est normal qu’il tente par tous les moyens de coller un max à sa cible.

Si vous avez un livre sur le feu, ça peut peut-être vous déstresser sur le fait que tout doit être parfait – selon vous – avant de le publier. Envoyez votre texte, corrigez, et faites confiance à un éditeur pour terminer avec vous : c’est souvent un bon placement. :)

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  1. Hello Yvon
    Hé oui, j’en ai fait l’expérience ! J’ai édité un livre, pensant qu’il serait vendu très facilement et le résultat est extraordinaire … 1 vente par année !!!
    Bon, je le reconnais, je n’avais pas réellement de communauté à part les 8’000 personnes qui consultent mon blog chaque mois … donc, pour moi, forcément des personnes intéressées par le coaching de vie.
    Cela a été une belle expérience et une réussite toute personnelle.
    Ceci dit, 100% d’accord avec toi lorsque tu dis :

    On croit – naïvement – qu’une fois qu’un éditeur a accepté de publier notre livre, il va vous prendre votre manuscrit et le publier tel quel.

    Mais non. Il va y avoir des corrections, des adaptations. La manière dont vous écrivez va devoir d’adapter au style du public de l’éditeur.

    Donc il faudra rajouter, modifier, supprimer, élaguer, éclaircir, rajouter des clés, des chapitres… Corriger les tournures, l’orthographe, les temps. Vérifier la cohérence des propos, la chronologie, etc.

    Bref, quand on écrit un livre, la fin du premier jet n’est que le début.

    Conclusion : un livre ne s’écrit pas comme un article pour son blog, il faut savoir s’adapter et s’attaquer à une autre forme d’écriture et surtout, surtout, suivre un fil rouge.
    Merci d’être revenu et bonne journée
    Madeleine

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